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Chapitre 7-1 – Alice
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Chapitre 7-1 – Alice

La nouvelle destination d’Elilim et de ses compagnons était le Pays des Merveilles, un monde régi par la reine Alice. Le monde de la souveraine ne contenait qu’un seul pays. Alice unifia les nations récalcitrantes sous sa bannière au cours de plusieurs siècles de guerre. Au début de son règne, elle s’avérait juste et loyale, mais son attrait de la magie noire consuma pratiquement toute sa raison. Donc les gens appelaient désormais la reine, la folle furieuse.

Actuellement le simple fait d’oser refuser de se prosterner devant Alice, pouvait conduire à une mort effroyable. La reine ne fut pas toujours impitoyable et mesquine. En effet durant les vingt premières années de son règne elle agit en ayant comme motivations principales le respect des humbles et la compassion.

Cependant elle acceptait mal la perspective de vieillir et de se couvrir de rides. Alors elle mena des expériences de sorcellerie, pour limiter les ravages du temps sur son aspect extérieur. Si Alice réussit à préserver son apparence, sa santé mentale vacilla de plus en plus, au point qu’elle massacra l’ensemble de sa famille, ses conseillers les plus fidèles, et une bonne partie de ses courtisans.

La folie de la reine lui valut de solides haines, qui débouchèrent sur de multiples tentatives d’assassinat. Mais cela fut vain, et ne servit qu’à renforcer la paranoïa d’Alice. La monarque aurait dû mourir à plusieurs reprises, toutefois sa démence lui valut l’affection de dieux de la destruction. Par conséquent Alice survécut à des attentats meurtriers grâce à une puissante aide divine.

En remerciement pour la protection offerte, la reine interdit tous les cultes ne célébrant pas un dieu de la destruction. Cette action eut un résultat terrible, le Pays des Merveilles gagna ainsi le surnom de Pays de la folie furieuse. Sa population fondit, les rares survivants se terraient dans des communautés isolées. La recherche du sac du Néant, risquait d’être épique pour Gron et ses camarades, même si Elilim localisa avec précision l’objet convoité grâce à un sort.

Mignon : En voilà un lieu étrange, l’herbe est bleue, et il y a des lièvres qui prennent le thé.

Elilim : Chaque dimension a ses propres critères, et puis nouveau monde peut vouloir dire profonds changements.

Mignon : Vous avez raison Elilim, je ne dois pas avoir l’esprit étroit. Les règles changent selon l’endroit où l’on se trouve.

Gron : Alors c’est dommage que je n’ai pas amené de catapulte avec moi. Si les règles de tir évoluent, j’aurai pu savoir si un tir vers devant pouvait toucher une cible derrière.

Elilim : Vous Gron et les catapultes c’est une sacrée passion.

Gron : D’ailleurs vous ne pouvez pas faire apparaître une catapulte par magie Elilim ? Cela fait trois heures que je n’ai rien projeté, le manque me guette.

Elilim (énervé) : Non, partons plutôt à la recherche du sac du Néant.

Mignon mû par la curiosité posa des questions à Gron, qui se remontait le moral en consommant des baies hallucinogènes.

Mignon : Et qui ou quoi aviez-vous l’intention de prendre pour cible Gron ?

Gron : Je pensais à vous monsieur Mignon. Comme cela j’aurais ajouté un hobbit à ma collection de victimes de tirs de catapulte, et comme vous êtes très robuste vous n’auriez pas été blessé par un rocher.

Mignon (énervé) : Tu veux mon poing dans la figure !

Gron : Je ne crains rien, vous n’avez que deux poings alors que j’en ai des centaines.

Mignon : Pardon ?

Gron : Ce parchemin contient des centaines de points de ponctuation. Donc j’ai un très net avantage sur vous dans une bagarre.

Mignon (effaré) : Tu penses sincèrement que des figures de ponctuation vont te protéger de mes coups ?

Gron : Pourquoi pas ? Il y a un proverbe qui dit que la plume de l’écrivain est plus forte que toutes les épées. Donc pourquoi ce raisonnement ne s’appliquerait pas aux points faits avec une plume ?

Mignon renonça à la bagarre devant l’enthousiasme de Gron. Il se dit que frapper un débile aussi sûr de lui, serait mauvais pour sa réputation.

L’attitude de clémence du berserker augmenta davantage la confiance d’Elilim. L’archimage pensait qu’il fallait être très gentil pour résister à la tentation de la baffe contre Gron, quand ce dernier délirait à plein régime.

Quelques minutes plus tard Gron trouva un lapin semblant assez joueur. L’animal regarda avec des yeux implorants le gobelin. Il se promenait au milieu d’un gazon impeccablement tondu, et de roses rouges.

Gron : Oh ce lapin blanc a l’air particulièrement affectueux.

Elilim : Méfiance Gron, les lapins dans ce monde sont parfois agressifs, voire porteurs de maladie.

Gron : Je crois que vous êtes trop méfiant.

Le lapin poussa un cri de lion.

Gron (désemparé) : Je rêve ou ce lapin vient de rugir ?

Elilim : Boule de feu majeure.

Le lapin ne se laissa pas faire, il esquiva habilement la boule de feu dirigée vers lui. Il s’apprêta à découper à coups de griffes rétractables Elilim, quand Mignon le berserker hobbit s’interposa. L’animal possédait des ressources insoupçonnées. Alors il évita avec maîtrise les coups d’épée du berserker, de plus il ne se contenta pas de subir. En effet la bête harcelait Mignon, elle faisait jeu égal avec lui. Elilim voulut intervenir, mais le hobbit lui intima l’ordre de rester en retrait par un geste impérieux de la main. L’archimage hésita sur la conduite à suivre. Puis il se dit qu’il était plus prudent de ménager l’honneur guerrier d’un berserker, qui préférait généralement mener des combats en un contre un, alors Elilim obtempéra. Même si le lapin constituait un défi de taille pour Mignon, en effet l’animal savait très bien se battre, et ses réflexes s’avéraient fulgurants.

Le hobbit devait se battre à fond pour tenir tête à la bête, son adversaire agissait avec rapidité et technique. Il alternait les manœuvres offensives, les feintes et les contre-attaques avec maestria. Mignon pensa un moment faire une prière à Proélium, afin de prendre l’avantage sur le lapin. Puis il se dit que ce serait la honte absolue de déranger la divinité, pour un adversaire seul qui ne recourait pas à la magie.

Proélium n’imposait pas de commandements stricts à ses fidèles, mis à part l’interdiction d’œuvrer volontairement pour un dieu de la destruction. Toutefois le hobbit avait l’impression que s’il osait appeler à l’aide son dieu pour un lapin, il deviendrait un exemple de moquerie pour les autres berserkers. Le duel risquait pourtant d’être lourd de conséquences pour Mignon, la bête représentait un danger certain.

Pour l’instant le hobbit arrivait à rester vivant, mais il fatiguait de plus en plus. Surtout que le lapin avait d’autres atouts que ses griffes, comme ses oreilles mobiles, des parties de son corps assez redoutables pour briser le roc. D’ailleurs il suffit d’un seul coup d’oreille à la tête sur le berserker pour ce dernier ait le regard troublé, soit à moitié sonné.

Heureusement la chance fut du côté de Mignon, le vent envoya des grains de sable dans les yeux de l’animal, celui-ci ralentit son assaut, à cause de la gêne qu’il ressentit. Ce fut une erreur fatale, que Mignon utilisa à son profit, il décapita le lapin. Mais il était très fatigué, dès que le combat cessa il posa un genou à terre pour commencer à récupérer. Malheureusement la mort de l’animal attira sur Mignon et ses camarades l’attention de quelqu’un de bien plus redoutable que le lapin tué. Alice alertée par une prophétie vint à la rencontre d’Elilim et de ses compagnons.

Alice (furieuse) : Comment avez-vous osé ? Vous avez tué un lapin blanc, l’animal le plus sacré de ce monde. Le châtiment pour un tel crime est la mort !

Mignon aurait bien voulu rabattre le caquet de son interlocutrice, mais il sentait la puissance magique impressionnante de son ennemie. Donc il opta pour une approche prudente. Il savait qu’Elilim serait aussi précautionneux dans ses mots et ses actes. Par contre le berserker suait un peu, il avait peur du facteur de débilité appellé Gron. Surtout que ce dernier avait l’air fasciné par l’air plein d’arrogance de la reine.

Mignon : Qui êtes-vous s’il vous plaît ?

Alice : Je suis la reine Alice, la souveraine incontestée de ce monde, pour votre meurtre de lapin vous serez décapités, puis pendus, et enfin ensevelis !

Mignon : Le lapin est-il un animal dangereux dans ce monde ?

Alice : Très, dix guerriers ce n’est pas forcément une escorte suffisante pour survivre à l’attaque d’un lapin.

Mignon : Donc si je comprends bien, le lapin est une grave menace pour vos sujets, et vous punissez de mort ceux qui osent se défendre contre cet animal.

Alice (imperturbable): En effet, vous auriez dû vous laisser dévorer par un lapin, ainsi vous auriez respecté la loi.

Elilim : N’y a t-il rien que nous puissions faire pour nous racheter, et éviter la peine capitale ?

Alice : Je veux bien commuer votre peine, et m’arranger pour que vous ne subissiez que la décapitation et la pendaison, si vous faites une quête pour moi.

Elilim (ironique) : C’est très généreux de votre part, je ne sais pas quoi dire, votre majesté.

Alice : Je sais ma bonté est grande. Vous êtes indignes de ma clémence, mais j’ai envie d’accomplir un geste très gentil en votre faveur. Pour être graciés il faudra me rapporter le sac du Néant. Je veux pour mon usage personnel, euh pour le bien public acquérir cet artefact.

Elilim : J’accepte avec joie de vous rendre service, ce sera un immense honneur d’œuvrer pour vous votre majesté.

Alice : Je vous trouve très impoli à mon égard, mais je ne vous en tiens pas rigueur, après tout vous n’êtes qu’un barbare ignorant. Maintenant partez, j’ai assez consacré de mon auguste personne à de la vermine dans votre genre.

Elilim l’archimage elfe considérait les rumeurs sur la vantardise de la reine Alice comme exagérées. Il s’aperçut que les ragots sous-estimaient la réalité. En effet trouver plus folle qu’Alice constituait un défi difficile. Cela n’empêchait pas la reine d’être très intelligente, et de pouvoir mettre au point des plans très rusés, cependant la souveraine provoquait un malaise chez les personnes la côtoyant. Mais ce qui dérangea le plus Elilim, ne fut pas la folie manifeste de la reine, ou la ressemblance d’Alice avec un prédateur vicieux et cruel qui adorait torturer ses proies. Ce qui provoqua le plus de dégoût chez l’elfe s’avéra l’aura de magie noire de la monarque.

En effet la souillure de la reine par la sorcellerie dépassait l’entendement, au point qu’Elilim se demanda comment il était possible qu’Alice soit toujours vivante. Pourtant l’archimage développa un haut niveau de résistance à la sorcellerie. Mais son entraînement ne suffit pas à préserver l’elfe d’une indisposition durant son entretien avec Alice. Elilim dut faire preuve d’un violent effort de volonté pour ne pas vomir.

Mignon le berserker hobbit ne subit aucun trouble physique durant son entrevue avec Alice. Par contre il dût faire preuve de gros efforts, pour résister à l’envie d’étriper la reine. La souveraine était une incarnation de la malfaisance et de la corruption. Or le berserker consacrait sa vie à combattre les personnes et les entités qui servaient les desseins des dieux de la destruction. Le hobbit de par son éducation et sa dévotion au dieu Proélium, ressentait une haine viscérale pour les individus hautement corrompus par la magie noire.

Gron le gobelin lui trouvait admirable la reine, son air tyrannique, sa grande beauté, et ses manières hautaines, lui plaisaient au plus haut point. Le gobelin envisageait sérieusement d’œuvrer à lier la destinée d’Alice à celle de son maître Rintam. Une fois que Rintam serait ressuscité, Gron songeait à l’inciter à épouser la reine. Le gobelin entendait ses deux compagnons déblatérer sur la reine durant leur marche sur une plaine peu fertile, composée d’un peu d’herbe et de beaucoup de cailloux.

Elilim : Je pensais que Rintam avait vraiment la grosse tête. Cependant j’ai trouvé pire que lui, il est un modèle de modestie comparé à Alice.

Mignon : Je suis d’accord, j’ai dû faire un très gros effort de volonté pour ne pas cracher sur la reine.

Gron : C’est vrai que la reine est un peu sèche, mais il n’y a pas grand-chose à lui reprocher.

Elilim (étonné) : J’ai voulu tuer un animal enragé à coup de boule de feu, et Alice veut me condamner à mort. Vous ne trouvez pas ça très exagéré ?

Gron : Personnellement je trouve qu’un bon souverain est une personne qui doit être libre d’imposer les lois qu’il souhaite.

Elilim : Vous avez une vision particulière des choses Gron.

Gron : Ah non ma vision est parfaite, je n’ai pas besoin de sorts pour améliorer ma vue.

Elilim : Je parlais de votre vision politique.

Mignon : Elilim vous employez des termes techniques, cela va déboucher sur un long débat avec Gron, voire à son évanouissement.

Gron (craintif) : Les termes techniques, ce sont de grosses bêtes tellement méchantes et dangereuses que l’on a envie de s’évanouir en leur présence ? Oh j’ai plein de frissons, je tremble de peur !

Elilim (chagriné) : Pourquoi je suis ami avec un super crétin, mais pourquoi ?

Mignon : On dirait qu’un dragon rouge aveugle fonce sur nous, abritons nous dans cette grotte à l’entrée étroite.

Elilim l’archimage elfe refusa l’affrontement avec un dragon immense de plus de cent mètres de long, car souvent ces créatures disposaient d’une protection forte contre la magie. Et puis il ignorait quel autre danger recelait sa quête du sac, donc il voulait s’économiser pour le moment.

Mignon le berserker hobbit opta aussi pour la fuite. Il aurait pu s’occuper du dragon, mais il aurait pris un gros risque. Surtout que son dieu le chargea d’une mission prioritaire, et exigea qu’il ne combatte pas de manière inconsidérée.

Gron lui dès qu’il vit la créature ailée, ne se fit pas prier pour mettre le plus de distance possible entre lui et elle. Il essayait de se convaincre qu’il agissait par altruisme, par volonté de garantir la résurrection de son maître Rintam. Cependant le gobelin savait au fond de lui, qu’il était surtout mû par la peur.

Mignon : C’est bon le dragon est trop imposant pour pénétrer dans le boyau.

Gron : En fait je suis beaucoup plus courageux que vous messieurs.

Elilim : Quel est votre nouveau délire Gron ?

Gron : Vous Elilim vous avez parcouru cinquante centimètres de plus que moi pendant votre fuite, vous êtes lâche, et vous Mignon vous avez couru un mètre cinquante de plus que moi, donc vous êtes un sacré couard.

Mignon (colérique) : Vous êtes sacrément culotté de dire que vous êtes courageux. D’ailleurs qui est l’auteur du livre «Paraissez pitoyable en toutes circonstances afin de survivre aux pires sadiques» ?

Gron : C’est moi, mais je ne vois pas le problème.

Mignon : Seul un spécialiste absolu de la lâcheté aurait pu imaginer autant de scénarios afin de sauver sa peau.

Gron : Je ne suis pas un lâche, juste un technicien de la survie.

Mignon : C’est quoi cette nouvelle trouvaille, technicien de la survie cela veut dire quoi ?

Gron : C’est une formation professionnelle très longue, qui demande beaucoup d’efforts pour être validée. Elle comporte l’étude des postures de soumission, des cours de maintien afin de maximiser son air implorant, l’art d’adopter un ton et une gestuelle qui fait vraiment pitié, et beaucoup d’autres sujets durs à maîtriser. Je suis fier d’être un diplômé avec la mention fuyard excellent.

Mignon ne savait s’il devait se sentir admiratif, ou bien écœuré, devant une telle démonstration de la part de Gron. Finalement ce fut Elilim qui rompit le silence gêné qui régnait.

Elilim : Bon le dragon est parti à la recherche d’autres proies. Je crois qu’il vaut mieux se dépêcher, car sinon j’ai peur que de nouveaux ennuis nous tombent dessus.



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